Signalé ce matin par le Monde :
Alors que les forêts autrichiennes comptaient presque 25 ours à la fin des années 90, il n’en resterait plus que quatre actuellement. Le WWF a alerté la police criminelle qui a ouvert une enquête.
C’est grand un ours : 1m30 à 2m80 selon les espèces, 100 à 400 kg sans même compter le mastodonte qu’est l’ours polaire. Or, près d’une vingtaine d’ours se sont évanouis dans la nature. Les experts interrogés estiment qu’autant d’animaux n’ont pas pu mourir de mort naturelle en si peu de temps, ils auraient donc migré – mais les pays limitrophes n’annonçent pas d’arrivées d’ours sur leur territoire – ou auraient été abattus par des chasseurs. A ce jour, un seul ours empaillé a été retrouvé et identifié comme l’un des animaux manquants. Je me demande ce que sont devenus les autres.
A en juger par les réactions qui ont accueilli la réintroduction des ours dans les Pyrénées, je suppose qu’ils ont en effet été victimes de chasseurs. Mais qu’en ont-ils fait ensuite ? Le cours actuel de l’ours chez les taxidermistes est-il tel que les chasseurs se sont fatigués à les transporter ? D’autre part, les ours autrichiens, contrairement à leurs congénères des Pyrénées, sont autochtones, “bien intégrés” dirait Brice Hortefeux, et ne semblaient pas faire de tort aux moutons. Je suis peut-être une vilaine bobo citadine qui ne s’est jamais retrouvée nez à nez avec un ours, mais ça me fait de la peine.
Il me semble que les ours faisaient partie d’un écosystème et contribuaient à maintenir un certain équilibre. A présent avec seuls encore quatre individus, c’en est fait de la biodiversité. Pour que des ours continuent à vivre en Autriche il faudra y introduire des individus étrangers comme dans les Pyrénées, dans une démarche coûteuse et artificielle. Ou alors on ne le fait pas, et les ours devront se cantonner aux zoos ou aux livres pour enfants.
Ces derniers temps, chaque fois que j’ai entendu parler d’écologie, le terme “développement durable” s’y était accolé, et il était question d’émissions de dioxide de carbone. Pourquoi une telle polarisation sur un seul thème, qui plus est galvaudé et investi en masse par des entreprises qui ont créé pour l’occasion de belles publicités, où l’on apprend entre autres que telle lessive, outre de laver plus blanc que blanc, est également efficace dès 30 degrés et contribue de ce fait à sauver l’environnement ? La biodiversité me paraît avoir disparu du débat, alors que sa lointaine cousine la “diversité” tout court, qui reste à définir clairement, est devenu le cheval de bataille de N.S.
Un avis ? Des écologistes dans la salle ? Des amis des ours ? Des… chasseurs pyrénéens ?
(Dans l’hypothèse improbable où le fantôme de Dino Buzzati passerait par là, je le prie de voir mon titre comme un hommage à son oeuvre. Il est le premier auteur dont je me sois aventurée à lire une nouvelle complète en italien)