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… encore que…

Rapport Attali, premières impressions 7 février 2008

Classé dans : Le capitalisme tel la nuée... — princessemarie @ 9:06
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J’ai commencé à lire le rapport Attali. Certes, je ne suis pas la première…

A la base Attali m’était plutôt sympathique, je trouvais PlaNet Finance assez emblématique d’une volonté, que je partage, de s’insérer dans la société capitaliste moderne tout en poursuivant (aussi) des objectifs autres que l’augmentation de la fortune des actionnaires. Il m’est devenu moins sympathique lorsque j’ai reçu une offre de stage de PlaNet Finance, au demeurant très intéressante, mais qui se proposait de faire tenir au stagiaire les fonctions d’assistant au directeur général, avec les responsabilités correspondqntes et un temps de travail sans doute un peu supérieur aux 35 heures… pour 350 euros, non négociables. Faire de la microfinance en exploitant des stagiaires, c’est un peu facile… C’est très drôle d’ailleurs, il donne le bâton pour se faire battre en mentionnant la rémunération des stages dans ses propositions… Nul n’est prophète en son pays, semble-t-il ! Donc j’en veux à Attali. Et je le mentionne dès le départ, en gage de bonne foi : mes positions ici ne sont pas objectives.

Une première chose qui me surprend, c’est la relation de M. Attali et de sa commission avec le chiffrage des propositions. On commence par nous expliquer ce que représente un point de croissance en termes d’emploi, de dette publique, de pouvoir d’achat et autres, puis les conséquences des mesures proposées sont données, là aussi en croissance supplémentaire, emplois, logements sociaux, espérance de vie… alors qu’aucune proposition individuelle n’est assortie d’effets chiffrés, et que M. Attali s’est défendu de tout objectif chiffré lorsqu’un député l’a interpellé à ce sujet. Les propositions sont censées être mises en œuvre toutes ensemble, j’imagine donc qu’elles doivent produire des synergies entre elles et j’aurais bien aimé trouver un mot sur ce sujet.

Ensuite, la juxtaposition d’allégations que ne vient étayer aucune preuve – le redoublement est toujours néfaste, les PME sont l’avenir du pays, le sport c’est génial… – m’énerve un peu. Je me doute qu’on n’a pas le temps de tout citer, tout justifier, tout argumenter, dans un rapport de 250 pages, mais cela a pour conséquence que sont ici reprises, étrangement, des propositions déjà entendues ailleurs, mais sorties de leur contexte et de l’idéologie qui a prévalu à leur conception – mais bon, ceci appartient au sarkozysme, apparemment, puisqu’il faut être « décomplexé » et ne pas se laisser enfermer dans un parti. Cohabitent alors la somme d’argent reçue par chaque parent pour scolariser son enfant où bon lui semble, entendue chez Aurélien Véron lors d’une conf Alternative Libérale, l’abolition de la licence de taxis, citée par Delpla et Wyploz (mais avec compensation pécuniaire chez eux) dans Payer pour réformer, paru au printemps, et des micro-mesures raffariniennes style guichet unique …

Et puis, quoi qu’en dise Attali, c’est un peu un catalogue à la Prévert où le gadget côtoie la réforme structurelle majeure, un peu comme si le but était d’endormir l’attention du lecteur, le tout sans plan directeur clair. Américanisation ? On se situe en tout cas dans le domaine du Powerpoint, qui juxtapose des points sans souci d’enchaînement logique et de raisonnement clair, bien plus que dans le rigoureux et bien français plan en trois parties – ou deux, pour les Sciences po qui me liraient… A moins que, à travers les 300 décisions, l’ancien sherpa de Mitterrand ait voulu faire allusion aux 110 propositions ?

Bon, j’en suis arrivée à la 100e décision, il se fait tard, je reprends ça dès que possible !

(Update : j’ai compris pourquoi Attali reprenait des idées de Delpla, c’est parce que… Delpla fait partie de la commission Attali !)

 

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